Pacarina del Sur
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Reflexiones sobre el libro de Hugo Biagini La contracultura juvenil. De la emancipación a los indignados[1]

 

Le Siècle de Hugo Biagini

Patrice Vermeren[2]

“Que pas une de nos actions ne soit pure de la colère” 

Paul Nizan, Aden Arabie, 1931

Qu’est-ce qu’un jeune ? A poser cette question à la vue du titre du livre de Hugo Biagini : La contra-cultura juvenil. De la emancipacion a los indignados, il me revient à l’esprit deux citations. L’une est la phrase qui commence Aden, Arabie, le premier roman publié en 1931 de Paul Nizan, compagnon de Sartre à l’Ecole Normale Supérieure (qui en préfacera la réédition en 1960), et membre du parti communiste (mais dans cette œuvre de jeunesse, écrite du lieu de son exil qui fut aussi celui d’Arthur Rimbaud, il dit plutôt sa révolte contre la condition bourgeoise et le colonialisme): « J’avais vingt ans, et je ne permettrai à personne de dire que c’est le plus bel âge de la vie ». L’autre citation est un slogan de Mai 68 : « Nous ne sommes pas contre les vieux, nous sommes contre ce qui les fait vieillir ». Ma génération, celle de 68, se méfiait de la catégorie de jeunesse, d’abord parce qu’elle n’accédait pas à la dignité de classe sociale. On en trouverait encore la trace jusqu’à aujourd’hui chez Alain Badiou . Un Badiou qui comme on sait a écrit un livre intitulé « Le Siècle ». Qu’est-ce qu’un siècle, le vingtième en l’occurrence pour le philosophe Alain Badiou ? Non pas ce qui s’est passé, mais ce qui s’y est pensé : « Qu’est-ce qui est pensé par les hommes de ce siècle qui ne soit pas le simple développement d’une pensée antérieure ? Quelles sont les pensées non transmises ? Qu’est-ce qui s’est pensé d’antérieurement impensé, voire d’impensable ? ». La question devient : Qu’est-ce qui fait le siècle pour Hugo Bagini ?


         Bagini cite Badiou une seule fois « El emblema del mundo contemporaneo es la democracia, y la juventud es el emblema de ese emblema »(page 453). Mais il tronque la citation et ne nous dit pas la suite de la phrase de Badiou, qui est celle-ci : « parce que la jeunesse symbolise un temps non-retenu ». Il nous cache qu’en bon platonicien, Badiou est anti-démocrate, et que pour lui cette jeunesse est une image construite par le non-monde démocratique (celui de la démocratie représentative) qui est une fuite temporelle, le temps comme consommation et consumation. Une construction qui réclame des corps, dit Badiou, « et ces corps sont construits autour de trois traits : l’immédiateté (n’existe que le divertissement), la mode (succession de présents substituables) et le mouvement sur place (« on se bouge ») ».

          C’est d’une autre jeunesse que nous parle Hugo Biagini. Son emblème serait l’étudiant, tel que le définit Walter Benjamin dans La metafísica de la juventud : la voluntad contestataria, someterse solo a los principios, autoconocerse solo a través de las ideas (p.490). Cette figure générationnelle a une histoire, elle nait comme force sociale et historique autour de la première guerre mondiale, avec son idéologie, contre-culture plutôt que culture, ses revendications et ses organisations propres. Elle a su défendre des pouvoirs constitutionnels, promouvoir des révolutions sociales et faire sombrer des dictatures. Alliée au mouvement ouvrier et au mouvement indigène, le mouvement étudiant peut promouvoir dans ses luttes l’avenir d’un monde latino-américain qui aurait enfin trouvé son unité. Le Siècle de Hugo Biagini serait donc celui de la jeunesse, celle qui d’abord entre en lutte pour l’émancipation et la réforme universitaire, ensuite  se révolte pour changer le vieux monde et ses valeurs surannées, enfin milite contre le néolibéralisme et la globalisation, sous condition de la résistance, de la pensée alternative et de l’indignation.

         Le Siècle de Biagini commence-il avant le siècle, avec Rousseau, Voltaire et Montesquieu, dont la philosophie vient contester la vieille scolastique issue du Moyen Âge, et qui fait la matière des conspirations des étudiants du début du XIX° siècle, de Tupac Amaru à Belgrano et Bolivar ? Mais Biagini ne s’attarde pas sur les précurseurs. Ce serait plutôt une origine, l’origine mythique plus que réelle d’une tradition, avec une orthodoxie définie négativement par ce qui n’est pas elle (les vieux, le désordre établi du vieux monde), et qui légitimerait un présent qui serait invention du nouveau plutôt que répétition du même. Une tradition de la jeunesse ? Hugo Biagini est un philosophe du paradoxe : il ne craint pas d’aller contre la doxa. L’origine réelle de la tradition de la jeunesse serait plutôt le premier Centenaire, et les Congrès Internationaux d’Etudiants Américains (Uruguay, 1908, Colombia y Argentina, 1910, Perù, 1912), qui constituent la jeunesse comme porteuse de l’universel de la science et de l’idéal d’une intégration américaine portée par son peuple et émancipée de la tutelle européenne, contre la domination des conservatismes autoritaires et des nationalismes guerriers. Le Siècle de Biagini, le siècle de la jeunesse, c’est celui qui s’ouvre par cette parole des étudiants du Premier Congrès International des Etudiants Américains de Montevideo : « La juventud sabe que solo la lucha, solo la accion, dan derecho a presentarse con orgullo ante la severa frialdad juzgadorade la Historia » (p.46). En restituant les archives de ces congrès d’étudiants, Hugo Biagini donne peut-être la clef de ce qui fait à ses yeux la nouveauté du vingtième siècle : cette mission historique assignée par elle-même à une jeunesse devenue consciente d’elle-même, fût-elle sous condition de la (re)construction d’une tradition qui la donnerait comme héritage des héros, devenus frères, d’un passé dépassé, comme dans le Ariel de Rodo, magistralement réhabilité par Arturo Andrès Roig dans son étude sur le symbole de Caliban.

         On ne s’étonnera pas que la Réforme universitaire (1918-1925) et ses effets contemporains et postérieurs sur toute l’Amérique Latine occupent une place centrale dans ce livre, comme d’ailleurs dans l’œuvre de Hugo Bagini, qu’il ne faudrait surtout pas réduire à une histoire des idées. Elle est sans doute le point nodal de cette réflexion philosophique sur le siècle de la jeunesse, parce qu’elle cristallise toutes les tensions internes et les contradictions de sa pensée. Un historien des idées nous expliquerait pourquoi Ingenieros adhère à la Révoluton russe de 1917 ou abandonne la doctrine du panaméricanisme en 1922. Le philosophe s’interroge sur le dispositif spéculatif qui permet à Ingenieros d’élaborer « un entrañable planteo emancipatorio para nuestro continente : la negación del tiempo físico y la asimilación del ser joven con los compromisos por el cambio social ; al punto de adoptarse la fantástica creencia de que estén jóvenes ancianos y viejos jóvenes” (p.497), et le concept de son rhizome (raigambre) juvéniliste, à travers El hombre mediocre (1911), Hacia una moral sin dogma (1917) et Las fuerzas morales (1925).

         Un autre chapitre est consacré à Herbert Marcuse, désigné comme le philosophe de la révolte de la jeunesse des années 1960 par Habermas, et pour qui les jeunes seraient naturellement inclinés à occuper la première file de ceux qui luttent et meurent pour Eros contre la mort (p.268). En France, certains comme Miguel Abensour y ont puisé des raisons de « faire resurgir la faculté de l’imagination à libérer la réalité historique et à l’orienter vers des formes de liberté et de bonheur appartenant à un principe de civilisation d’où aurait disparu la sur-répression », et de passer d’un concept négatif d’utopie à un concept positif, ou mieux inventif (Miguel Abensour : « Pourquoi la théorie critique ? », Le souci du droit, Où en est la théorie critique ?, Sens et Tonka, Paris, 2009). Mais de Berkeley à Paris en Mai1968, le parcours n’est pas simple. Marcuse est loin des manifestations du Quartier Latin et de ses mots d’ordre anticapitalistes et antiétatiques, et plus loin encore des usines en grève où flotte le drapeau rouge. Et pour Jacques Rancière (« Mai 68 revu et corrigé », paru dans La Fohla, Sao Paulo, 4 mai 2008) : l’interprétation de Mai 68 comme une révolte de la jeunesse méconnait les évènements en les réduisant à l’aspiration des jeunes à abolir l’autorité parentale et les tabous sexuels, sinon à céder aux jouissances de la société de consommation. Elle masque l’essentiel : les dimensions internationales et sociales et ouvrières du mouvement. En ce sens la leçon de 68 serait à l’inverse de l’utopie conçue comme une société idéale qui serait la solution des maux de la société, face à l’action politique. Elle serait au contraire la monstration que ce n’est pas le but, mais la subjectivation politique que crée le mouvement qui compte, ouvrant un espace et un temps où le champ des possibles est transformé (Jacques Rancière : Moments politiques, Paris, La fabrique, 2009, p.199). Il y a deux lectures possibles du slogan de 1968, en solidarité avec Cohn-Bendit : « Nous sommes tous de juifs allemands ». Celle de Hugo Biagini : « Gracias a la universalidad identitaria que planteo ese clamor sesentista, hoy podriamos apelar a la mirada pluriutopica y corear a viva voz « somos todos indios alzados » (p.385)”. L’autre qui dirait avec Jacques Rancière qu’  « il y a subjectivation en général quand un nom de sujet et une forme de prédication institue une communauté inédite entre des termes et dessinent ainsi une sphère d’expérience inédite, qui ne peut être incluse dans les partages existants sans faire éclater les règles d’inclusion et les modes de visibilité qui les ordonnent » (Jacques Rancière : « La communauté comme dissentiment », Et tant pis pour ceux qui sont fatigués , Paris, Amsterdam, 2009, p313). Une subjectivation fait du commun en défaisant du commun, en mettant en commun ce qui n’est pas commun, ouvrant des mondes communs qui ne sont pas fondés sur le consensus, car le commun politique est dissensuel, fait de procédures d’inclusion de l’exclu et de mise en commun du non-commun.


         Au-delà du siècle, le Siècle de Hugo Biagini est encore celui de la jeunesse. Les nouvelles générations sont au premier plan des luttes altermondialistes, du mouvement des indignés, de la contestation de la privatisation de l’enseignement. Dans cette logique, « No se nace joven, hay que adquirir la juventud. Y sin un ideal, no se adquiere” (Jose Ingenieros). Mais ce qui manque à cette philosophie de la jeunesse et de sa contre-culture, ne serait-ce pas ce qui selon Rancière manque aux marxismes « réalistes » comme à celui de l’école de Francfort : une pensée politique de l’émancipation ?

 

Traducción al castellano del Prof. Dr. Marcos García de la Huerta (Universidad de Chile)

¿Qué es un joven? Al plantear esta pregunta teniendo en vista el título del libro de Hugo Biagini: La contracultura juvenil. De la emancipación a los indignados, me vienen al espíritu dos citas. Una es la frase con que comienza Aden, Arabia , la primera novela de Paul Nizan publicada en 1931, compañero de Sartre en la Escuela Normal Superior (quien prefaciará la reedición de 1960), y miembro del partido comunista (pero en esta obra de juventud, escrita desde el lugar de su exilio que fue también el de Arthur Rimbaud, él expresa más bien su rebelión contra la condición burguesa y el colonialismo) “Yo tenía veinte años y no permitiré a nadie decir que es la edad mas bella de la vida.” La otra cita es el eslogan  de mayo del 68: “no estamos contra los viejos, estamos contra lo que los hace envejecer”. Mi generación, la del 68, desconfiaba de la categoría de juventud, desde luego, porque no accedía a la dignidad de clase social. Se podrá encontrar  aún la huella de eso en Alan Badiou. Un Badiou que, como se sabe, ha escrito un libro titulado “El siglo” ¿Qué es un siglo, en este caso el vigésimo, para el filósofo Alan Badiou” ¿No lo que ha pasado, sino lo que en él se ha pensado: ¿ Qué han pensado los hombres de ese siglo que no sea el simple desarrollo de un pensamiento anterior? ¿Cuáles son los pensamientos no transmitidos? ¿Qué se ha pensado de lo previamente no pensado, léase impensable? La pregunta deviene:   ¿Qué es lo que hace al siglo, para Hugo Biagini?

Biagini cita a Badiou solo una vez. “El emblema del mundo contemporáneo es la democracia, la juventud es el emblema del emblema”  (p. 453) pero él trunca la cita y no nos dice lo que sigue de la frase de Badiou, que es esto: “porque la juventud simboliza un tiempo no-retenido”. Él nos oculta que, como buen platónico, Badiou es anti-demócrata, y que para él es una imagen construida del no- mundo democrático (el de la democracia representativa) que es una huída temporal, el tiempo como consumo y consumación. Una construcción que reclama cuerpos, dice Badiou, “y estos cuerpos son construidos de acuerdo a tres rasgos: la inmediatez  (no existe más que la diversión, la moda  (sucesión de presentes sustituibles) y el movimiento in situ (“uno se mueve”)”.

Hugo Biangini nos habla de otra juventud. Su emblema sería el estudiante, como lo define Walter Benjamin  en La metafísica de la  juventud: la voluntad contestataria, someterse solo a los principios, auto-conocerse solo a través de las ideas (p. 490). Esta figura generacional  tiene una historia, ella nace como la fuerza social e histórica, ella nace como fuerza social e histórica alrededor de la primera guerra mundial, con su ideología, contra cultura más que cultura, sus reivindicaciones y sus propias organizaciones. Ella ha sabido defenderse  de los poderes constitucionales, promover revoluciones  sociales y hacer zozobrar dictaduras. Aliado con el movimiento obrero y el movimiento indígena, el movimiento  estudiantil puede promover en sus luchas el porvenir de un mundo latinoamericano  que habría encontrado al fin su unidad. El siglo de Hugo Biagini sería pues el de la juventud, aquella que primero entra  en lucha por la  emancipación y la reforma universitaria, luego se rebela para cambiar el viejo mundo  y sus valores caducos y finalmente milita contra el neoliberalismo y la globalización, bajo la condición de la resistencia, del pensamiento alternativo  y de la indignación.   

¿Comienza el siglo de Biagini antes del siglo, con Rousseau, Voltaire y Montesquieu, cuya filosofía viene a contestar la vieja escolástica producto de la Edad Media, y que es materia de las conspiraciones de los estudiantes de comienzos del siglo XIX, de Tupac Amaru a Belgrano y Bolívar? Pero Biagini no se detiene en los precursores. Sería más bien un origen, el origen mítico más que real de una tradición, con una ortodoxia definida negativamente por lo que ella no es (los viejos, el desorden establecido del viejo mundo), y que legitimaría un presente que sería más  la invención de algo nuevo  que la repetición  de lo mismo. ¿Una tradición de la juventud? Hugo Biagini es un filósofo de la paradoja: no teme ir contra la doxa.

El origen real de la tradición de la juventud sería más bien el primer Centenario, y los Congresos Internacionales de Estudiantes  Americanos  (Uruguay 1908, Colombia y Argentina 1920 y Perú 1912), que constituyen a la juventud como portadora de lo universal de la ciencia y del ideal de una integración americana conducida por su pueblo y emancipada de la tutela europea, contra la dominación  de los conservadurismos autoritarios  y de los nacionalismos guerreros. El siglo de Biagini, el siglo de la juventud, es el que se inicia con esta palabra de los estudiantes del Primer Congreso Internacional  de los Estudiantes Americanos de Montevideo: “la juventud sabe que solo la lucha, solo la acción, dan derecho a presentarse con orgullo ante la severa frialdad juzgadora de la historia”  (p. 46). Restituyendo los archivos de estos congresos de estudiantes, Hugo Biagini da quizá la clave de lo que a sus ojos es la novedad del siglo XX: esta misión histórica asignada por ella misma a una juventud que ha llegado a ser consciente de sí misma, bajo la condición de la (re)construcción de una tradición que la daría como legado de los héroes, convertidos en hermanos, de un pasado sobrepasado, como en el Ariel de Rodo, magistralmente rehabilitado por Arturo Andrés Roig en su estudio sobre el símbolo de Calibán.

No es de sorprenderse, que la Reforma universitaria (1918-1925) y sus efectos contemporáneos y posteriores sobre toda América Latina ocupen un lugar central en este libro, como por demás en la obra de Hugo Biagini, que sobre todo no habría que reducir a una historia de las ideas. Ella es sin duda el punto nodal de esta reflexión filosófica sobre el siglo de la juventud, porque ella cristaliza todas las tensiones y las contradicciones internas de su pensamiento. Un historiador de las ideas nos explicaría por qué Ingenieros adhiere a la Revolución rusa de 1917 o abandona la doctrina del panamericanismo en 1922. El filósofo se pregunta sobre el dispositivo especulativo que permite a Ingenieros elaborar “un entrañable planteo emancipatorio para nuestro continente: la negación del tiempo físico y la asimilación del ser joven con los compromisos por el cambio social; al punto de adoptarse la fantástica creencia de que estén jóvenes ancianos y viejos jóvenes” (p. 497), y el concepto de su rizoma (raigambre) juvenilista, a través de El hombre mediocre (1911), Hacia una moral sin dogma (1917) y Las fuerzas morales (1925)

Otro capítulo está consagrado a Herbert Marcuse, llamado el filósofo de la revuelta de la juventud de los años 1960 por Habermas, y para quien los jóvenes estarían naturalmente inclinados a ocupar la primera fila de los que luchan y mueren por Eros contra la muerte (p.268). En Francia, algunos como Miguel Abensour, han extraído de ello razones para “hacer resurgir la facultad de la imaginación, para liberar la realidad histórica y orientarla hacia formas de libertad y de felicidad pertenecientes a  un principio de civilización del que habría desaparecido el exceso de represión”, y pasar de un concepto negativo de utopía a uno positivo, o más inventivo (Miguel Abensour “¿Por qué la teoría crítica?”, Le souci du droit. Ou en est la théorie critique?, Sens et Tonka, Paris, 2009). Pero de Berkeley a Paris en Mayo del 68, el recorrido no es tan simple. Marcuse está lejos de las manifestaciones del Barrio Latino y de sus lemas anti capitalistas y anti estatistas, y más lejos aún de las usinas en huelga donde flamea la bandera roja. Y para Jacques Rnciere (“Mayo revisado y corregido” aparecido en La Fohla, Sao Paulo, 4 de mayo de 2008): la interpretación de Mayo del 68 como revuelta de la juventud, desconoce los acontecimientos, reduciéndolos a la aspiración de los jóvenes a abolir la autoridad paterna y los tabús sexuales, si no a ceder a los placeres de la sociedad de consumo. Ella enmascara lo esencial: las dimensiones internacionales y sociales y obreras del movimiento. En este sentido la lección del 68 sería al revés de la utopía concebida como una sociedad ideal que resolvería los males de la sociedad, frente a la acción política. Ella sería, por el contrario, la mostración de que no es el fin, sino la subjetivación política que crea el movimiento, lo que cuenta, abriendo un espacio y un tiempo donde el campo de los posibles se transforma (Jacques Ranciere Moments politiques, Paris, La fabrique, 2009, p.199).

Hay dos lecturas posibles del eslogan de 1968, en solidaridad con Cohn-Bendit: “Todos somos judíos alemanes”. La de Hugo Biagini: “Gracias a la universidad identitaria que planteó ese clamor sesentista, hoy podríamos apelar a la mirada pluriutópica y corear a viva voz: “Todos somos indios alzados” (p. 385). La otra que diría con Jacques Ranciere que “hay subjetivación en general cuando un nombre de sujeto y una forma de predicación instaura una comunidad inédita entre términos y diseñan así una esfera de experiencia inédita, que no puede ser incluida en los repartos existentes sin hacer estallar las reglas de inclusión y los modos de visibilidad que los ordenan” (Jacques Ranciere: La comunidad como disentimiento. Y tanto peor para los que están fatigados, Paris, Ámsterdam, 2009, p.313)  Una subjetivación hace común deshaciendo lo común, poniendo en común lo que no es común, abriendo mundos comunes que no están fundados en consensos, pues lo común político es disensual, hace procedimientos de inclusión de lo excluido y de Departamento de Filosofíapuesta en común de lo no común

Más allá del siglo, el Siglo de Hugo Biagini es aun el de la juventud. Las nuevas generaciones están en el primer plano de las luchas altermundistas, del movimiento de los indignados, del rechazo a la privatización de la enseñanza. En esta lógica “No se nace joven, hay que adquirir la juventud. Y sin un ideal, no se adquiere” (José Ingenieros). Pero lo que falta a esta filosofía de la juventud y de su contra-cultura, ¿no sería lo que según Ranciere, falta a los marxistas “realistas” como a la de la Escuela de Franfurt: un pensamiento político de la emancipación?

 

 

La contracultura juvenil

Sirio López Velasco[3]

Este libro, en su versión todavía embrionaria, figuró entre los finalistas del muy prestigioso premio de Casa de las Américas, en Cuba, por la solidez de sus fuentes y su riqueza en el análisis de los hechos históricos. La obra traza un formidable panorama, cronológicamente ordenado, de los movimientos estudiantiles (en especial universitarios) de carácter gremial, contestatario y/o revolucionario, en América Latina, desde la gesta independentista hasta nuestros días. Y para ello no se priva de oportunas contextualizaciones que vinculan tales movimientos a los acontecimientos ocurridos en otras partes del mundo. Así ante nuestros ojos se perfilan, ilustrados por citas significativas, las intenciones y declaraciones de los primeros congresos estudiantiles celebrados en Nuestramérica, y algunos pensamientos clave de quienes fueron a lo largo del tiempo grandes inspiradores de la juventud contestataria, como por ejemplo, entre otros, José Martí, José Enrique Rodó, José Ingenieros, Romain Rolland, Ernesto Che Guevara y Herbert Marcuse. En el ámbito universitario se analiza la conjunción o alternativa entre bohemia y disidencia, y se destaca con justicia el gran ideario de la Reforma Universitaria de Córdoba (Argentina), que desde principios del siglo XX viene oficiando de guía del movimiento juvenil contestatario. Llegando al período contemporáneo la obra pone en relieve a la figura inspiradora del Che Guevara, al movimiento del 68 y a los actuales indignados. El autor nos propone un pormenorizado análisis de las características personales y de los ideales defendidos por Guevara, que le han valido transformarse en un referente de la contracultura juvenil en América Latina y en el mundo; y todo ello, al tiempo que no oculta las críticas que se hicieron y hacen al carácter y la acción de esa figura legendaria. Hay que notar que esa presentación honesta de las versiones encontradas acerca de los hechos  las ideas, es la tónica de todo el libro, aunque el autor asume siempre con igual franqueza su posición de intelectual comprometido con las luchas orientadas hacia la superación del neoliberalismo y la integración autónoma y solidaria de Nuestramérica. De la generación del 68 se rescatan los ideales y la generosa militancia juvenil que en América Latina llevó a muchísimos jóvenes a ofrendar su vida en el combate callejero o guerrillero, o en la tortura y la desaparición forzada, impuestas por dictaduras inhumanas. La parte final del libro propone una profunda reflexión acerca de la democracia, para mostrar que en la disyuntiva entre seudodemocracia seudorepresentativa capitalista, y democracia participativa y protagónica, está la matriz de una intensa movilización juvenil que abarca hoy al planeta entero, desde el lejano Oriente, pasando por las diversas primaveras árabes, para llegar al poderosísimo movimiento estudiantil chileno; sin olvidar las experiencias en plena invención y ejecución de los Gobiernos latinoamericanos que, rompiendo con el neoliberalismo, están reduciendo la pobreza, universalizando la educación, incluyendo en la acción democrática a amplias mayorías hasta ayer excluídas, y dando pasos muy concretos en la construcción de la Patria Grande soñada por los Libertadores. La obra es una referencia obligada para que los movimientos juveniles latinoamericanos conozcan sus propuestas y peripecias a lo largo del tiempo, y también es fuente indispensable para historiadores, filósofos, científicos sociales y militantes de Nuestramérica.

 

 

 
Juvenilia alternativa

 Martín Kasañetz

En La contracultura juvenil, Hugo Biagini hace un recorrido por la juventud y su fuerte influencia en los movimientos de reformas y rebeliones de los últimos siglos, desde los jóvenes revolucionarios de Mayo hasta los reformistas universitarios, y un panorama de lo que viene sucediendo en América latina y Europa en lo que va del siglo veintiuno.

Asociada por la mirada conservadora al desorden social y la anarquía, la juventud, en su reverso, ha sido vista y también idealizada como el sujeto de las utopías, el fuego creativo y la rebeldía. Hugo Biagini, filósofo e historiador, interesado apasionadamente en los temas del mundo global y la historia de los movimientos alternativos, es una persona sin dudas apta para descifrar los conflictos y armonías de una juventud protagonista de profundos cambios sociales y culturales. Su libro La contracultura juvenil es un importante paso en esa dirección.

La “primera juventud” argentina del siglo XIX recibió influencias de lecturas de Voltaire y de Rousseau, entre otros, que excedían lo universitario y que formaron lo que llamaste la figura del “joven moral”. ¿Cómo se formaron esos jóvenes revolucionarios?

–A pesar de esas influencias, Mariano Moreno no sigue en política la tónica elitista de Voltaire, para quien la igualdad resulta algo quimérico. Moreno exalta, en cambio, los derechos del pueblo y el indígena e introduce una figura innovadora del filósofo: aquel que denuncia el colonialismo y las grandes fortunas. Un espíritu equivalente reaparecerá en nuestras juventudes radicalizadas.

En el libro se detalla el reformismo que tuvo como punta de lanza la Universidad Nacional de La Plata, producto de una continuación esperable de la bohemia y el juvenilismo estudiantil.

–El discurso bohemio surge con fuerza a fines del siglo XIX, en repudio a los valores burgueses, y eleva al artista marginado como intérprete de la realidad. El credo juvenilista instala a los jóvenes como redentores sociales e irrumpe también por esa época para prolongarse hasta nuestros días. Ambas perspectivas permean la atmósfera universitaria y en La Plata refuerzan el combate contra el positivismo o ayudan al triunfo del movimiento reformista. En un congreso continental de estudiantes realizado en Montevideo en 1908 y con asistencia de alumnos platenses, se proclama la rebeldía como el principio vital por excelencia, por encima de la razón.

Si bien el enfoque se halla centrado en la juventud universitaria, analizás con fuerza la figura del Che Guevara.

–Ernesto Guevara, que no dejó de plantear la potencialidad transformadora del joven como un factor supraclasista, ha suscitado la admiración de una juventud oriunda de distintas latitudes y condiciones, por erigirse en emblema de la otra historia y por reunir en su persona un conjunto de rasgos carismáticos: independencia e informalismo, vocación de servicio y heroicidad.

Mencionás que se destacan dos expresiones de protesta sostenidas en la Argentina. En primer término, por orden cronológico, el rock y luego la agrupación HIJOS. ¿A qué se debe?

–Ambas expresiones contestatarias son afines con la defensa de identidades que motivan a las nuevas generaciones, partidarias de la autogestión y la creatividad. El rock nacional se aleja de un orden disciplinario y del afán de poder, mientras comparte el talante antimilitarista con la agrupación HIJOS, cuestionadora del terrorismo de Estado y de los genocidas de uniforme, mediante técnicas pacifistas como el escrache.

Se observan nuevas participaciones en el exterior, como los movimientos asambleístas de los Indignados en España o líderes estudiantiles como Camila Vallejos en Chile. ¿Qué provoca estos surgimientos?

–Tales eclosiones son notoriamente inducidas por formas democráticas agotadas, aún regidas por el neoliberalismo y el gran capital, cuya gravitación no han podido o no han querido contrarrestar ni los propios gobiernos socialistas, a diferencia de lo que se está intentado llevar a cabo en diversas naciones sudamericanas, más próximas a lo que el sociólogo Sousa Santos califica como democracia distributiva. Con nuestros propios términos, diría que Chile o los países primermundistas como España atraviesan la etapa inicial disidente del pensamiento alternativo, mientras que en nuestros regímenes progresistas nos hallamos incursionando por un estadio superior: el del reformismo propositivo y, si me apuran, el de las modificaciones sustanciales. Ello nos permitiría afirmar que estamos asistiendo a una nueva hora americana.

 


Entrevista a Hugo Biagini[4]

Inés Margarita Hayes[5]                    

Hayes: Al comenzar su libro, usted dice que los componentes éticos- morales del concepto de generación nacen con la Revolución Francesa. ¿Cómo retoman desde la Universidad de Charcas los revolucionarios de Mayo estos conceptos de la Revolución Francesa?

-Biagini: En realidad acá con generación, a lo que se está aludiendo es a que hay nuevos actores que por el hecho de ser asociados a determinados estadios de la vida pueden legar a ocupar un papel considerable para respaldar, acompañar, incentivar un proceso, en este caso revolucionario como fue el de Francia bajo la acción e influencia del club de los jacobinos, es decir, un momento de radicalización de la Revolución que después se le fue de las manos y vienen todas las etapas contrarrevolucionarias, restauradoras, ya en el siglo XIX. En ese momento, la idea que acompañaba todo proceso revolucionario era la de empezar desde cero. La historia comienza a partir de nosotros y es una ruptura total, absoluta con el pasado, si es que eso realmente se puede llevar a cabo pero que por lo menos está en el imaginario, en el horizonte de expectativas que abre una nueva nación (…) o tantas otras cosas que aparecen en los signos patrios en nuestra guerra de la independencia. Con esa idea de alumbramiento y que es menos de pensar que tratándose de una sociedad y de un futuro mundo distinto, haya ciertos sectores que son los que más podrían acompañar ese proceso, sobre todo los que están asociados con una especie de enfrentamiento con el pasado, con las costumbres, las tradiciones. En nuestro caso bajo la  dominación española, todo lo que representaba esa educación escolástica. La idea es forjar un nuevo hombre que esté preparado, que conozca los derechos del ciudadano que surgen con la Revolución Francesa y todo eso requiere un proceso, una nueva personalidad que reconozca esas nuevas pautas o formas de vida a través de los catecismos políticos. Ahí viene la figura del gran Rouseau – este año asistimos a su bicentenario– del Contrato. La idea de que la voluntad, la sociedad, el Estado, el gobierno puedan formarse a partir de la libre voluntad de los individuos, de la soberanía popular. Esas no son nociones, conceptos o realidades transmitdas en forma hereditaria por un derecho divino que le da a los reyes la autoridad absoluta para gobernar, independientemente de la voluntad general de los ciudadanos. Lo que aparece es el ciudadano y no el súbdito.

-Hayes: Moreno estuvo muy influenciado por Rousseau, ¿cómo se han retomado sus ideas en América Latina?

-Biagini: La traducción se sigue discutiendo mucho, lo que es seguro es el prólogo, la introducción que hizo a una edición española del Contrato Social. No nos olvidemos que era la época en la que de alguna forma se empieza a iniciar en España un cierto tipo de modernización, las Cortes de Cádiz, donde se empieza a configurar la idea del liberalismo político, de las necesidades de que los gobiernos sean consensuados, representativos del pueblo, de la gente. Entonces viene ese texto, la edición española del Contrato y él hace ese prólogo que es una especie de obra, artesanía, o una orfebrería, lo que hay condensado allí acerca de los derechos que le corresponde al común de los mortales en cuanto a su correlación con el poder, el mando. Es algo que está adentro de la misma naturaleza humana, la idea de libertad, la idea de poder elegir y ser elegido.

-Hayes: De revocar los mandatos

-Biagini: Una cosa que es muy actual: revocatoria de mandato. Como se está viendo en algunos procesos políticos en Suramérica, no basta con la simple elección. Hay que plebiscitariamente, (…) dar cuenta de que si realmente cumplió con la plataforma, con sus principios que fueron dados a conocer en las campañas electorales o en lo que representó su plataforma de lanzamiento.

-Hayes: ¿Y la generación del ‘37 sigue con este tema de la juventud como portadora del cambio?

-Biagini: Estamos hablando de los llamados primeros románticos. Esteban Echeverría que es un poco el adalid, intelectualmente hablando, y que también se van a presentar con distintos nombres: Asociación de Mayo, también como queriendo entroncarse con la tradición de los primeros patriotas pero agregándole una dosis diferenciadora, no sólo la libertad y la igualdad en términos políticos instiucionales sino también cultural. Lo que se llama la emancipación mental. Es una segunda independencia, a cargo de sectores de mucho predicamento intelectual y político, no sólo Echeverría sino también Juan Bautista Alberdi, Sarmiento y los que siguen todos en general con la posibilidad de expresión, de tener una presencia en el país. Estamos tratando de hablar de juvenilismo, que todavía es bastante prematuro.

-Hayes: ¿El Arielismo?

-Biagini: Estamos siempre rozando esto que después va a tener una forma orgánica que es una especie de ideología, credo, o idea fuerza que es la idea de que los jóvenes por ser jóvenes son el motor del cambio, de la redención, inclusive, de establecer una nueva humanidad, unas relaciones más equitativas entre los hombres. Acá empiezan los momentos de estallido inicial pero se van a reforzar muchísimo a fines del siglo XIX donde los jóvenes se unen a otros sectores que también están reclamando por lo suyo: el movimiento obrero, el movimiento feminista y luego el indigenismo que aparece poco tiempo después. Son los sectores excluidos tradicionalmente del imaginario del hombre blanco adulto de origen europeo pudiente ilustrado.

-Hayes: Uno de los representantes de esas ideas fue Rodó

-Biagini: Sí, José Enrique Rodó, el modernista uruguayo, siguiendo un poco al gran Rubén Darío y podemos hablar también de José Martí, todas figuras que creían fervientemente en el poder angélico de la juventud, en el poder alado, incondicionado, que no estaba determinado por el peso de los años ni de las necesidades biológicas…

-Hayes: De la rutina…

-Biagini: Exacto. Podía romper con todos los condicionamientos. Rodó le asigna a la juventud un poderío de tal magnitud que va a arrastrar como una carga, una especie de fatalidad encima todo el siglo XX. El Ariel está dirigido a nuestra juventud nuestroamericana, en los conceptos de Martí. Una juventud que tenía que hacer todo: desarrollar la democracia, la ciencia y a su vez introducir la integración latinoamericana. Eso ha sido de tal envergadura que ha regado de sangre toda la historia nuestra porque ha sido siempre la juventud la carne de cañón que tenía que salir al frente. No sólo en las guerras absurdas internacionales, entre Estados de nuestro propio continente, como entre Perú y Chile o entre Paraguay y Bolivia. Esos enfrentamientos fratricidas en los que los jóvenes se negaban a participar. Todas esas luchas fueron levadas a cabo por sectores juveniles que en algún caso luchaban con la pluma pero en otros casos también con la fuerza, es decir con las armas, ya sea en la guerrilla rural o urbana.

-Hayes: También es retomado por Ingenieros

-Biagini: Toda esta misión mesiánica es la que hace que de alguna manera esto se arrastre y lo retomen figuras como José Ingenieros, pero ya a mediados del siglo XIX figuras como en Francia mismo, Jules Michelet, un historiador que dio un curso a mediados de esa centuria que fue prohibido y declarado subversivo. Después vino una gran figura en Francia a fines del siglo: Emile Zola en el Yo acuso. Invoca, convoca a la juventud a hacerse cargo, a construir la ciudad perfecta, a no dejarse llevar por voces engañosas, a comprometerse como estaban haciendo los intelectuales con esta nueva causa, trabajar orgánicamente, ser siempre vanguardia. Ingenieros fue un gran precursor, propiciador de estas corrientes, pero esto está ligado a la Reforma del ‘18, al grito de Córdoba nuestro, donde se resumen o asumen todas estas ideas y se da algo totalmente inédito en la historia prácticamente de la universidad que es el papel que se le asigna a ella, a la Casa de Estudios Superiores: una síntesis del pueblo, del demos.

-Hayes: De esa concepción nace la universidad obrera de La Plata.

-Biagini: En realidad la universidad obrera o popular no es un invento nuestro. En 1905, en Buenos Aires los socialistas crearon la primera universidad popular, con ese nombre. Hubo distintas experiencias. Tenían la función de capacitar a los obreros que estaban subsumidos en horarios de trabajo de 12, 14 horas por día. Imposibilitados de ver nada fuera de su propia ocupación y entonces se crearon esas instituciones informales. Los anarquistas tenían también la suya. La más importante fue la de Perú creada por González Prada; un viejo pensador positivista y anarquista y al mismo tiempo antirracista, defensor de los indígenas.

-Hayes: Usted en el libro habla de la escolástica de laboratorio y cita a Víctor Mercante: ahí está la contracara de cómo estos otros pensadores concebían a la juventud.

-Biagini: En efecto, la Reforma Universitaria de 1918 eclosionó en la docta, en Córdoba. Pero tuvo un carácter de enfrentamiento contra una universidad que se consideraba teocrática, influenciada por el clericalismo y por una concepción semifeudal de la vida. Se enseñaba derecho canónico y cuáles debían ser los deberes de los siervos, eran muy peyorativos con respecto a la teoría de la evolución, del desarrollo científico. En cambio en La Plata, se hizo una reforma contra el liberalismo positivista, contra lo que se llamaba la oligarquía conservadora y en ese sentido, lo que tenía mayor fuerza era la idea de que el alumno tiene un carácter pasivo. Hasta un autor socialista como Augusto Bunge, secretario del Partido Socialista, lega a decir en un libro El culto a la vida que el negro es no sólo moral, sino antropológicamente inferior al blanco. Toda esa discriminación no sólo era una cuestión de razas, sino la mezcla de una raza supuestamente alta con una subalterna que producía seres inferiores. Entonces la universidad tenía que ser un reducto. Por eso existía en La Plata un régimen tutorado con un alumnado selectivo donde existía una libreta universitaria con huelas donde se veía la ficha antropométrica del alumno. En La Plata fue muy fuerte esa influencia a través de estas figuras como Víctor Mercante.

-Hayes: Usted cita a Aníbal Ponce en el libro, la crítica que él hace a la educación burguesa y la propuesta que hace de la nueva educación.

-Biagini: Aníbal Ponce fue un discípulo directo de Ingenieros, fue de los primeros marxistas. Ponce les adjudica a los jóvenes reformistas del ‘18 esa actitud idealista. Él hace hincapié en que no basta con mantener ese espíritu de protesta, de cambio, sino que tiene que haber algo más. En realidad para poder integrarse a un mundo y transformarlo tienen que adherí y comprometerse con fenómenos como la Revolución Rusa. Ya no basta con sentirse los herederos de la Revolución de Mayo, los nietos de los revolucionarios y de los patriotas sino que tienen que integrarse en un proceso de la época. Para él, también tienen que adoptar el materialismo histórico, el marxismo como la ideología correspondiente y legar al proletariado que en la doctrina ocupa un lugar prioritario, decisivo y en todo caso acompañar y tratar de interpretar.

-Hayes: Allí es donde usted dice que con la introducción del marxismo la juventud es remplazada como motor de cambio por la clase obrera y pasa a tener un papel de acompañamiento.

-Biagini: Esa es la idea que maneja un marxismo mecanicista, clasista, no policlasista, no lo que puede verse en estos momentos de la historia. Hoy en día vemos que en los frentes sociales no están solamente los trabajadores: en Europa los indignados están integrados por multitudes de todos los sectores. Parecería que la gente se está dando cuenta cada vez más que los gobiernos no son una fatalidad. Y no sólo gobierno porque no es cuestión de nombre, sino de proyecto. Por eso pueden espaldar a una figura durante mucha cantidad de tiempo porque ven que se traduce en obra: levantar una vivienda, una pequeña empresa. Incluso se desnaturaliza la idea de que el poder es algo natural, inmodificable: vuelven los planteos contractualitas.

 

MEMORIAS SABERES REDES (BOGOTÁ, UNIVERSIDAD JAVERIANA)

Hugo Biagini

             





[1] BIAGINI, Hugo Edgardo. La contracultura juvenil. Buenos Aires: Capital Intelectual, 2012, 518 p., ISBN 978-987-614-365-3

[2] Director del Departamento de Filosofía, Université Paris 8.

[3] FURG-Brasil

[4] Cuadernos de H Ideas, vol. 6, nº 6, diciembre 2012. ISSN 2313-9048

                     http://perio.unlp.edu.ar/ojs/index.php/cps/index

[5] UNLP

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